Big data et voitures connectées : faut-il en avoir peur ?

Un article du projet de loi “Modernisation de la Justice du XXIème siècle » laisse entendre que les autorités pourraient accéder aux données stockées dans les ordinateurs de bord du véhicule à des fins de verbalisation. Au-delà de ce cas particulier, l’enregistrement des données d’usage par les ordinateurs de bord des véhicules pose de nouvelles questions techniques et éthiques sur leur utilisation potentielle.

Contrôle de vitesse permanent : fausse rumeur mais vrai débat ?

C’est une information qui a fait le tour des médias français il y a quelques jours : le Figaro a annoncé qu’un article du projet de loi de “Modernisation de la Justice du XXIème siècle » allait permettre aux policiers d’avoir accès en permanence aux données des véhicules, permettant ainsi un contrôle de vitesse en continu et une sanction en conséquence.

L’article en question explique que « Les agents compétents pour rechercher et constater les infractions au présent code, dont la liste est fixée par décret en Conseil d’État, ont accès aux informations et données physiques et numériques embarquées du véhicule afin de vérifier le respect des prescriptions fixées par le présent code ». A première vue, il semblerait que ce texte donne effectivement le droit aux forces de l’ordre d’accéder aux données de la voiture – dont la vitesse – et donc de pouvoir verbaliser les automobilistes à chaque fois qu’ils franchiraient les limites autorisées.

Pourtant, l’association 40 Millions d’automobilistes, d’habitude peu prompte à défendre les mesures du gouvernement, parle de « fantasme absolu », dénonçant l’interprétation erronée faite par les journalistes du Figaro. Cet accès aux données de l’OTB (Ordinateur du tableau de bord) serait uniquement possible dans le cadre du contrôle d’un véhicule suspect et potentiellement volé. On est donc bien loin du flicage à la Big Brother annoncé. Tout le monde est tout de même d’accord pour dire que le texte de loi reste très peu clair quant aux limites de cet accès aux données des véhicules.

Des véhicules de plus en plus connectés

surveillance-automobilisteSi l’information a aussitôt été démentie, elle pose néammoins de vraies questions sur la sécurité des données des automobilistes et sur leur possible exploitation. Deux chercheurs avaient ainsi fait le buzz l’année dernière en piratant une voiture à distance à l’aide d’un simple ordinateur. Ils étaient parvenus à prendre totalement le contrôle du véhicule, allant même jusqu’à couper le moteur de la voiture. Cette vidéo a servi notamment à alerter les constructeurs et le public aux risques liés à la multiplication des objects connectés à Internet et aux failles de sécurité qui peuvent potentiellement exister au sein de ces systèmes embarqués.

Il n’y a jamais eu autant de technologie dans les voitures qu’aujourd’hui avec toujours plus de fonctionnalités disponibles pour les utilisateurs : géolocalisation, connexion avec le smartphone, limitateur de vitesse, aide au stationnement, alerte de franchissement de ligne blanche, etc…

Les constructeurs vont même encore plus loin avec le lancement de voitures autonomes, qui sont passées de lubie futuriste à perspective crédible. On estime que les premières voitures autonomes devraient circuler sur nos routes d’ici 2025. La voiture sans chauffeur sera donc bientôt une réalité et la course à l’innovation est déjà lancée parmi les géants du net et de l’automobile. Google et Tesla semblent être les plus avancés mais des rumeurs disent qu’Apple préparerait également un véhicule autonome dans le plus grand secret. En attendant, la désormais célèbre “Google Car” a obtenu l’autorisation de rouler en Californie et dans le Nevada. De nombreuses questions restent cependant en suspens comme la question de la responsabilité en cas d’accident (le conducteur, le constructeur, l’éditeur du logiciel ?) ou encore si les automobilistes feront suffisamment confiance à l’intelligence artificielle pour lâcher le volant ou tourner le dos à la route.

Quoi qu’il en soit, la mobilité de demain réservera sans doute de nombreuses surprises et soulèvera de nouvelles problématiques pour les automobilistes et les autorités. Une chose est certaine : la technologie y jouera un rôle central. C’est précisément le point de vue de Karos : l’intelligence artificielle et le Big Data permettent en effet de proposer les meilleurs covoiturages possibles sans que les utilisateurs n’aient à les chercher eux-mêmes. Simplifier le covoiturage pour faire de la voiture un transport en commun comme les autres à l’aide de la technologie, c’est aussi cela le futur de la mobilité.

Big data et voitures connectées : faut-il en avoir peur ?
Partager cet article : Share on LinkedInShare on FacebookTweet about this on Twitter